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Jeunes chercheurs

Comment vulgariser son savoir ? Retour sur "Ma thèse en 180 secondes"

14 avril 2016 •
Paris Sciences et Lettres

Le 16 avril 2016 se tenait la finale interne PSL du concours "Ma Thèse en 180 secondes". Douze doctorant-e-s ont présenté au jury et au public leur sujet de thèse et ses enjeux.

Si les champs de recherche sont variés, à l'image de PSL (philosophie du soin, sciences de gestion, ou géophysique), les règles sont rigides : ne pas dépasser trois minutes, et n'utiliser comme support visuel à la démonstration qu'une seule diapositive, projetée au jury et au public. Les candidats sont évalués à part égale sur leurs qualités oratoires, leurs talents de médiation, et la structuration de leur propos.

Malgré un dispositif assez stressant (comptes à rebours, flashes de lumière rouge marquant les dernières trente secondes) et quelque peu éloigné des contextes de la recherche ou de l'entreprise, les candidat-e-s sont parvenu-e-s à communiquer les enjeux de leur travail de thèse.

Décrit par Henri Berestycki, Doyen de la Recherche à PSL et Président du jury, comme un "concours de médiation scientifique", l'exercice est difficile. PSL-Explore, qui s'essaie aussi à la médiation scientifique, a tenté de dégager quelques techniques déployées par les doctorant-e-s et jeunes docteur-e-s en compétition.

Parmi les stratégies déployées, l'analogie, grand classique de la médiation, est la grande championne. Audéric Maret utilise la figure du mariage de raison pour analyser la position de Marseille à la Renaissance et son alliance avec le royaume de France. Alice Moussy évoque la rencontre amoureuse pour expliquer les enjeux de hasard ou prédetermination dans la formation des cellules-souches. Thomas Ferrand compare quant à lui un séisme à la rupture d'un élastique (le manteau), tandis que Quentin Perrier éclaire sa réflexion sur les régimes énergétiques par une analogie avec les régimes alimentaires, qu'il faut diversifier et adapter à chacun.

L'accroche et la phrase de conclusion sont souvent des formules-choc, qui marquent la mémoire du public et contribuent à identifier le candidat. Camille Pluntz suggère ainsi à Woody Allen de réaliser un RoboCop.

Certain-e-s établissent le lien avec le public en faisant appel à des références communes. Pauline Béguè ponctue son discours sur le médecin-malade, figure oxymorique, de références à des classiques littéraires. Alice de Rochechouart, la gagnante, utilise une image de Tintin, confronté à la peur de la fin du monde, pour inclure le public dans sa réflexion sur l'eschatologie du présent.

D'autres cherchent à susciter l'identification, en faisant référence à leur expérience propre, tel Benjamin Scholtes, qui se situe et situe son travail dans une chronologie du rapport entre Homme et métal afin de contextualiser sa réflexion sur les matériaux.  Thomas Le Gallic a, quant à lui, créé des personnages, ceux de Michel et Pamela, pour amener le public à envisager des futurs possibles (et la place du CO2 dans ces futurs).

Sans pouvoir évoquer toutes les stratégies, PSL-Explore félicite les candidats pour leur capacité à créer une relation avec le public, à structurer leur propos pour évoquer prémisses, méthodes et résultats de la recherche en filigrane de leur développement, et, surtout, à rendre abordable pour un public non initié les enjeux du sujet auquel ils se consacrent pour leur doctorat.

Retrouvez des informations complémentaires et les portaits des doctorant-e-s en compétition sur le site de PSL.

 

 

 

 

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