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"Mon cher président, A mon grand regret…"

Dans cette longue lettre, Charles Eugène Guye, physicien suisse et ancien professeur d’Albert Einstein à l’Ecole polytechnique de Zurich, décommande sa venue au sixième Conseil (1930). De santé fragile, il se trouve dans l’impossibilité d’interrompre une cure. Il a néanmoins lu les rapports envoyés par Langevin et expose un point qui a particulièrement éveillé sa curiosité en postscriptum. Il s’agit de la différence de taille entre les magnétons évoqués par Bohr et Weiss, dont il propose une analyse qu’il demande à Langevin de bien vouloir soumettre à Weiss. Ce type de documents montre bien que la participation au Conseil s’inscrit dans un temps long et ne se réduit en rien à une simple présence les jours dits, d’autant que Langevin insiste sur l’importance de ces mémoires préparatoires.

Le sixième Conseil de physique est le premier à se tenir sous la présidence de Paul Langevin et s’articule autour de la question du magnétisme. Il voit se poursuivre la célèbre dispute entre Bohr et Einstein à propos des nouvelles théories quantiques, entamée au Conseil de 1927 (le premier Conseil depuis la Première Guerre mondiale à s'être ouvert aux scientifiques allemands). Les scientifiques allemands y sont nombreux (Heisenberg, Debye, Kramers, Sommerfield, Stern sont invités) et Einstein fait partie du Comité scientifique depuis 1927. Rétablir les relations scientifiques internationales est une des priorités de Paul Langevin.