logo Paris Sciences et Lettres
 
Charles Friedel: cahiers de laboratoire et correspondance
Chimie ParisTech
Charles Friedel est un éminent chimiste et minéralogiste français, resté dans l’histoire par la découverte de la méthode de synthétisation du benzène, connue sous le nom de « réaction Friedel-Craft ». Il est également le cofondateur de l’École alsacienne et de l’École nationale supérieure de chimie de Paris (ENSCP), où ses archives de laboratoire sont aujourd’hui conservées.

Le fonds, intégralement manuscrit, se compose de deux types de documents. Sont d’abord répertoriés quinze carnets de laboratoire où sont consignés des protocoles et des comptes-rendus d’expériences, des schémas et des équations et, parfois, des suites de calculs dont l’interprétation reste difficile. De nombreux feuillets volants ont été découverts glissés dans les couvertures de ces carnets, sans ordre apparent, dont l’identification scientifique n’a pas été faite. Ils ont été numérisés à l’endroit où ils se trouvaient.

Des documents sur feuillets volant viennent compléter ce corpus : quelques lettres, une série de clichés effectués au microscope, le compte rendu de l’expérience dite « des papilons » de Montdésir et Schloesing, et des brouillons de textes scientifiques de type communications ou articles.

Plusieurs graphies se retrouvent dans ces documents et l’identification n’est malheureusement pas toujours certaine.

Charles Friedel, une carrière entre chimie et minéralogie

Né à Strasbourg en 1832, Charles Friedel est né dans une famille bourgeoise où la science avait une place prépondérante. Son grand-père maternel, Georges Duvernois était un professeur renommé du Museum d’histoire naturelle et son père, banquier, était un esprit de son temps, épris des avancées vertigineuses de la science. Très bon élève, il entre à la Faculté des sciences de l’Université de Strasbourg où il suit simultanément les cours de chimie et de minéralogie. Après une année d’interruption où il travaille pour son père, il décide de reprendre ses études et s’installe à Paris, chez son grand-père qui occupe l’appartement du Museum où avait jadis vécu Buffon. En 1854, il obtient sa licence de mathématiques à la Sorbonne et intègre le laboratoire de chimie de l’École de médecine, dirigé par Wurtz, strasbourgeois et avec lequel il se liera d’amitié. En parallèle, une place de préparateur lui est offerte par Dufrenoy, professeur de minéralogie et directeur de l’École des mines qui le promeut l’année suivante conservateur du Musée de minéralogie de l’École. Durant plusieurs années il se partage entre les deux disciplines et mène de front des travaux sur les corps cétoniques, les acides lactiques, la structure organique du silicone, les cristaux de zircon, la pyroélectricité des minéraux…

En 1861, James Mason Craft, jeune chimiste entre au laboratoire de Wurtz et les deux chercheurs unissent rapidement leurs travaux autours de la structure organique du silicone. L’année 1869, Charles Friedel soutient deux thèses, l’une en chimie (« Recherche sur les acétones et les aldéhydes ») et l’autre en minéralogie (« Sur la pyroélectricité dans les cristaux conducteurs de l’électricité »), à ce stade de sa carrière, il a déjà publié une cinquantaine d’articles. En 1871, il parvient à synthétiser de la glycérine à partir de polypropylène et obtient la charge de minéralogie de l’École normale supérieure et, en 1876, celle de la Sorbonne. C’est en 1877 que parait la publication de la méthode de synthétisation du benzène qui le rendit célèbre (la réaction dite « de Friedel-Craft »). La prestigieuse médaille Davy lui est offerte en 1880 pour ses travaux de chimiste. Durant la période 1879-1887, Friedel collabore avec Emile-Edmond Sarasin à l’étude de la synthèse de minéraux. En 1893, il tente de fabriquer du diamant, mais l'expérience échoue…

Si ces travaux scientifiques l’ont principalement occupé durant sa carrière, il s’est également fortement impliqué sur la question de l’enseignement puisqu’il compte au nombre des fondateurs de l’École alsacienne de Paris (1874), et créa l’École nationale supérieure de chimie de Paris en 1896, aujourd'hui plus connue sous le nom de Chimie-Paristech.

Charles Friedel meurt à Montauban en 1899.