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Marie Curie 1867-1934
Vie et œuvre scientifique de Marie Curie

« Je suis de ceux qui pensent que la Science a une grande beauté. »
Marie Curie, lors du débat The Future of Culture qu'elle présidait, Madrid, 3 au 7 mai 1933

La vie entière de Marie Curie est consacrée à la science et son parcours est celui d’une pionnière. Après avoir découvert, avec Pierre Curie, deux nouveaux éléments chimiques radioactifs (1898), elle est la première femme à obtenir un poste de professeur à la Faculté des Sciences de Paris (1908) et, deux fois lauréate du prix Nobel (1903 et 1911), elle siège aux Conseils de Physique Solvay (1911-1933). Elle est aussi la première femme à devenir membre de l’Académie de médecine (1922).

Cette exposition virtuelle créée par le Musée Curie, en évoquant sa vie et son œuvre scientifique, donne à redécouvrir un pan majeur de l’histoire de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle.

Marie Curie dans son laboratoire de la rue Cuvier, vers 1908 (Photo Henri Manuel. Source : Musée Curie ; coll. ACJC)

"Marie Curie dans son laboratoire de la rue Cuvier, vers 1908"         
vers 1908
Photo Henri Manuel. Source : Musée Curie ; coll. ACJC / Cote MCP137

 

 

De Varsovie à Paris (1867-1891)
Wladyslaw Sklodowski
Bronislawa Hoguska-Sklodowska

Maria Sklodowska naît le 7 novembre 1867 au 16, rue Freta, à Varsovie, capitale du royaume de Pologne alors annexé par la Russie. Son père, Wladyslaw Sklodowski (1832-1902) est professeur de mathématiques et de physique, et sa mère, Bronislawa, née Boguska (1836-1878), dirige l’une des pensions de jeunes filles les plus reconnues de la ville.

 

Wladyslaw et Bronislawa Sklodowski, parents de Marie Curie, entourés de leurs pensionnaires, 16, rue Freta à Varsovie, Pologne, 1860 (Source : Musée Curie ; coll. ACJC)

"Wladyslaw et Bronislawa Sklodowski, parents de Marie Curie, entourés de leurs pensionnaires, 16 rue Freta à Varsovie, Pologne"
1860
Source : Musée Curie ; coll. ACJC / Cote MCP3

 

 

La jeune Maria grandit entourée de ses aînés : elle a trois sœurs (Sophia, Bronislawa et Helena) et un frère (Josef). Petite dernière, Maria connaît une enfance heureuse jusqu'en janvier 1876, date à laquelle sa sœur aînée Sophia décède du typhus. Deux ans plus tard, le 9 mai 1878, elle perd aussi sa mère, atteinte de la tuberculose. La fillette se détourne alors de la religion.

 

Les enfants Sklodowski : de gauche à droite Sophia, Helena, Maria, Joseph et Bronislawa, 1872 (Source : Musée Curie ; coll. ACJC)"Les enfants Sklodowski : de gauche à droite Sophia, Helena, Maria, Joseph et Bronislawa"
1872
Source : Musée Curie ; coll. ACJC / Cote MCP 5

 

 

 

 

Maria Sklodowska en 1883
Maria Sklodowska en 1888

Encouragée par ses parents, eux-mêmes enseignants, la jeune Maria suit une scolarité classique, d’abord à la pension Sikorska, entre 1877 et 1882, puis au gymnase (l’équivalent du lycée en France).

Extrait du journal intime de Maria Sklodowska. L’esquisse représente Lancet, le chien pointer, très aimé des jeunes Sklodowski (Source : Musée Curie ; coll. ACJC)

 

"Extrait du journal intime de Maria Sklodowska. L'esquisse représente Lancet, le chien pointer, très aimé des jeunes Sklodowski"         

ca 1886
Source : Musée Curie ; coll. ACJC / Cote MCP37

 

Les résultats de Maria, élève brillante, sont excellents dans toutes les matières. Elle obtient même la médaille d'or pour son diplôme de fin d'études secondaires en 1883, comme tous ses frères et soeurs.

Souhaitant utiliser ses connaissances pour aider à lutter contre la russification de la société, elle s'engage dans des cours clandestins organisés dans des appartements, afin, notamment, d'instruire les jeunes filles polonaises : c'est l'"Université volante".

Wladyslaw Sklodowski et ses filles en 1890 (de gauche à droite : Maria, Bronislawa et Helena) (Photo Musée Curie de Varsovie. Source : Musée Curie)

 

"Wladyslaw Sklodowski et ses filles en 1890 (de gauche à droite : Maria, Bronislawa et Helena)"         

1890
Source : Musée Curie / Cote MCP53 / Droits : Maria Sklodowska-Curie Museum de Varsovie

 

 

 

 

 

Maria a alors l'intention de poursuivre ses études supérieures en intégrant une véritable université. Malheureusement, à Varsovie, alors sous domination russe, c’est impossible pour une jeune fille. Parlant français (ainsi qu’allemand et russe), elle rêve de rejoindre la Sorbonne à Paris, puisque celle-ci accepte les jeunes femmes ayant obtenu leur baccalauréat, ou son équivalent polonais.

Maria Sklodowska et sa sœur Bronislawa en 1886
Kazimierz Zorawski, ca 1888

Le départ à Paris souhaité par Maria a un coût important, que le père de Maria ne peut pas assumer seul, d’autant que Bronislawa veut elle aussi partir faire ses études à Paris, à la Faculté de médecine. Les deux sœurs font un pacte : Maria s’engage comme gouvernante et économise de l’argent pour financer les études de sa sœur en France. En contrepartie, une fois Bronislawa devenue médecin, elle paiera les études de sa cadette.    

 

Andzaz Zorawska, élève de Maria Sklodowska, de 1886 à 1889 (Source : Musée Curie ; coll. ACJC)

"Andzaz Zorawska, élève de Maria Sklodowska, de 1886 à 1889"
ca 1888
Source : Musée Curie ; coll. ACJC / Cote MCP45

 

 

 

                                 

 

 

Maria commence ainsi à donner des leçons particulières aux enfants de familles bourgeoises de Varsovie. Elle devient même préceptrice à demeure pour les enfants de la famille Zorawski, à Szczuki, entre 1886 et 1889. Durant ce long séjour loin de sa famille, elle tombe amoureuse de l’aîné des enfants, Kazimierz Zorawski, futur brillant mathématicien, d’un an plus âgé. Malheureusement, la différence de condition sociale est telle que la famille Zorawski s’oppose au mariage.

 

Mme Fuchs chez qui Maria Sklodowska a été préceptrice à Zoppot et à Varsovie, de 1889 à 1890 (Source : Musée Curie ; coll. ACJC)

 "Mme Fuchs, chez qui Maria Sklodowska a été préceptrice à Zoppot et à Varsovie, de 1889 à 1890"
ca 1889
Source : Musée Curie ; coll. ACJC / Cote MCP49

 

 

 

                                 

 

 

Maria retourne alors chez son père, et continue à dispenser des leçons particulières. Un cousin l’autorise à venir faire quelques expériences dans un laboratoire de l’Université de Varsovie, afin de mettre en application les connaissances scientifiques qu’elle a continué à accumuler. Maria est néanmoins en passe d'abandonner son rêve d’études pour se consacrer à sa famille. C'est alors qu'intervient sa soeur Broniswlawa, qui l'incite à la rejoindre à Paris et à commencer une nouvelle vie.

Une nouvelle vie parisienne (1891-1897)
Marie Sklodowska sur le balcon des Dluski, en 1892
Dessin représentant Marie Sklodowska, fait à Paris, en 1892

Maria Sklodowska, alors âgée de 24 ans, arrive à Paris, à la gare du Nord, fin octobre 1891. Elle s'installe d'abord rue d’Allemagne (actuelle avenue Jean Jaurès), chez sa sœur et son beau-frère, Casimir Dluski, exilé polonais que Bronislawa a rencontré durant ses études. Elle déménage ensuite rue Flatters, dans le quartier Latin, en mars 1892, afin de se rapprocher de la Sorbonne. Elle s’est en effet inscrite à la Faculté des sciences le 3 novembre 1891, résolue à mener des études scientifiques pour devenir enseignante du secondaire en Pologne. Sur les bancs de l’université, aux côtés de Maria, on ne compte alors que 2% d’étudiantes.

 

Casimir Dluski, médecin, époux de Bronislawa, en 1890 (Source : Musée Curie ; coll. ACJC)

"Casimir Dluski, médecin, époux de Bronislawa, en 1890"
1890
Source : Musée Curie ; coll. ACJC / Cote MCP58

 

 

 

 

 

 

 

Sur sa fiche d’inscription à l’Université, Maria francise son prénom et devient Marie. Studieuse et assez démunie financièrement, elle travaille continuellement pour se remettre à niveau. Non confiante en ses acquis scientifiques, elle choisit de ne pas passer sa licence à l’été 1892 mais de refaire une première année.

 

Marie Sklodowska, étudiante, en 1894 (Source : Musée Curie ; coll. ACJC)

"Marie Sklodowska, étudiante, en 1894"
1894
Source : Musée Curie ; coll. ACJC / Cote MCP60

 

 

Cela lui permet d’être reçue première à la licence de Physique en juillet 1893. L’année suivante, elle passe la licence de Mathématiques et est reçue troisième. 

 

Pierre Curie en 1905
Pierre et Marie Curie en 1895
Pierre et Marie Curie en 1895 dans le jardin des Curie à Sceaux

Marie Sklodowska a un mentor : Gabriel Lippmann (1945-1921), professeur à la Sorbonne. Dans son laboratoire, elle entreprend une étude sur « les propriétés magnétiques de certains aciers » pour le compte de la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale, étude pour laquelle elle a reçu une bourse. C’est cependant un domaine qu’elle connait assez mal. Pour l’aider, on lui présente l’un des spécialistes français du magnétisme, Pierre Curie.

Préparateur de physique à l’École municipale de Physique et Chimie industrielles de la Ville de Paris (EMPCI, l'actuelle ESPCI) depuis 1882, Pierre Curie est alors un physicien confirmé. Il est connu dans la communauté scientifique pour ses travaux sur la piézoélectricité, découverte avec son frère Jacques, sur le magnétisme et sur la symétrie en physique. Il est également apprécié pour ses talents d’expérimentateur et son esprit vif.

Les deux jeunes gens se plaisent et commencent à travailler ensemble. En mars, Marie assiste à la soutenance de thèse de doctorat de Physique de Pierre.

Marie nourrit pourtant toujours le dessein de retourner enseigner dans son pays. Lorsqu'elle retourne en Pologne durant l’été 1894, Pierre lui écrit pour l’inciter à revenir vivre et travailler auprès de lui.

« Ce serait cependant une belle chose à laquelle je n'ose croire, que de passer la vie l'un près de l'autre, hypnotisés dans nos rêves ; votre rêve patriotique, notre rêve humanitaire et notre rêve scientifique. »
Lettre de Pierre à Marie, 10 août 1894

Marie se laisse convaincre, et avec la bénédiction de son père, elle se marie avec Pierre Curie, le 25 juillet 1895, à la Mairie de Sceaux, dans l’intimité. Pour fêter ce mariage, le couple s’offre deux bicyclettes d’une toute nouvelle génération - avec des pneus ! Leur voyage de noces est une première série de randonnées cyclistes en Bretagne. Le couple emménage alors au 108, boulevard Kellermann à Paris.

Pierre Curie (assis, le 3ème en partant de la droite), parmi un groupe d’enseignants de l’Ecole municipale de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris, vers 1894 (Source : Musée Curie ; coll. ACJC)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Pierre Curie (assis, le 3e en partant de la droite), parmi un groupe d'enseignants de l'EMCPI, vers 1894"         
ca 1894
Source : Musée Curie ; coll. ACJC / MCP267

 

 

Bien que mariée à un physicien reconnu, Marie, récemment devenue Marie Curie, se destine toujours à l’enseignement. Elle passe ainsi l’« agrégation pour l’enseignement des jeunes filles, section mathématiques » en 1896. En octobre 1900, elle sera nommée « Chargée de conférences de physique de 1re et 2e années » à l’École normale supérieure d’Enseignement Secondaire de jeunes filles de Sèvres, où elle enseignera jusqu’en 1906.

 

Marie Curie (au milieu du 2ème rang) et ses élèves de l’Ecole normale supérieur de jeunes filles de Sèvres, dans les jardins de l’école où Marie sera enseignante agrégée de 1900 à 1906 (Source : Musée Curie ; coll. ACJC)

"Marie Curie (au milieu du 2e rang) et ses élèves de l'École normale supérieure de jeunes filles de Sèvres, dans les jardins de l'école où Marie sera enseignante agrégée"
1890
Source : Musée Curie ; coll. ACJC / Cote MCP102

 

 

 

 

Le 12 septembre 1897, la naissance de la première fille de Pierre et Marie, Irène, vient bousculer leur vie.

Pierre, Marie et Irène Curie dans leur jardin au 108 boulevard Kellermann, Paris, 1904 (Photo : Albert Harlingue. Source : Musée Curie ; coll. ACJC)

"Pierre, Marie et Irène Curie dans le leur jardin au 108 boulevard Kellermann, Paris, 1904"
1904
Photographie : Albert Harlingue / Source : Musée Curie ; coll. ACJC / Cote MCP105

 

 

 

 

Cela n’empêche pas Marie de poursuivre ses recherches. Elle publie son premier travail scientifique sur les propriétés magnétiques des métaux, qui lui permet d’obtenir le Prix Gegner de l’Académie des sciences en 1898, prix qu'elle obtiendra à deux autres reprises en 1900 et 1902.

Avec le soutien de Pierre Curie, Marie décide à la fin de l'année 1897 de commencer une thèse de physique sur les propriétés des rayonnements invisibles émis par l’uranium, découverts un an et demi plus tôt par Henri Becquerel (1852-1908). Pour travailler sur ces expériences, Marie profite de l’atelier que concède l’EMPCI au jeune couple de chercheurs. Elle entreprend ainsi l’étude quantitative des « rayons uraniques » avec un appareillage très sensible mis au point par Pierre Curie. Elle donne à cette émission spontanée de rayonnement le nom de « radioactivité », établit le caractère atomique du phénomène et cherche à l'identifier ailleurs, dans d’autres éléments puis dans des minerais riches en uranium, en particulier la pechblende. Elle fait alors l’hypothèse que ceux-ci contiennent un élément inconnu. Ces travaux sont présentés par Gabriel Lippmann à l’Académie des sciences le 12 avril 1898. Pierre Curie, intrigué par ces résultats, laisse de côté ses propres recherches pour venir collaborer à celles de son épouse. 

Intérieur du laboratoire de Pierre et Marie Curie à l’EMPCI, vers 1898
Extérieur du laboratoire de Pierre et Marie Curie à l’EMPCI, en 1898
Premières découvertes (1898-1906)
Pierre et Marie Curie dans leur laboratoire à l’EMPCI, vers 1898
Fiche cartonnée sur laquelle Pierre et Marie Curie ont pris des notes, en 1902

Le problème principal que doivent affronter Pierre et Marie Curie durant leurs recherches communes est celui de l’approvisionnement en matière première : ils ont un besoin très important de minerais d’uranium. L’un de ceux-ci, la pechblende, est exploité en Bohême pour ses propriétés de coloration du verre. Grâce à la générosité du Baron Henri de Rothschild, Pierre et Marie concluent un partenariat avec les cristalleries de Bohême et importent quelques tonnes de minerai depuis Sankt-Joachimsthal. Cette opération leur permet de mettre au point les procédés chimiques de fractionnement nécessaires à l’isolement et la caractérisation des éléments inconnus qu’ils recherchent.

Pierre et Marie Curie dans le « hangar de la découverte » à l’EMPCI, vers 1898 (Source : Musée Curie ; coll. ACJC)
"Pierre et Marie Curie dans leur laboratoire à l'EMPCI, vers 1898"        
ca 1898
Source : Musée Curie ; coll. ACJC / Cote MCP80.02
 
 
 
 
 

 

Ils démontrent ainsi l’existence de deux éléments radioactifs, présents en très faible quantité dans des minerais d’uranium, et alors inconnus. Le 18 juillet 1898, ils annoncent la découverte du polonium (ainsi nommé en hommage à la Pologne), et, le 26 décembre de la même année, celle du radium, avec Gustave Bémont.

« Nous croyons donc que la substance que nous avons retirée de la pechblende contient un métal non encore signalé. Si l'existence de ce nouveau métal se confirme, nous proposons de l'appeler « Polonium », du nom du pays d'origine de l'un d'entre nous. »
P. Curie et M. S.-Curie, Comptes rendus à l’Académie des sciences, 18 juillet 1898

Après ces découvertes, ils poursuivent leur étude de la radioactivité. Pour faciliter leurs travaux chimiques, Pierre et Marie se voient accorder un « hangar » dans la cour de l’enceinte de l’EMPCI.

Une coupelle contenant du bromure de radium (photo prise dans l’obscurité), 1922 (Source : Musée Curie ; coll. Institut du Radium)

"Une coupelle contenant du bromure de radium (photo prise dans l'obscurité"         
1922
Source : Musée Curie ; coll. Institut du Radium/ Cote MCP4151

 

 

 

 

Travaillant sans relâche, ils obtiennent finalement un décigramme de chlorure de radium pur en 1902. Cela leur permet de mesurer le poids atomique du radium et d’identifier ainsi la position de cet élément dans le tableau périodique.

Le 25 juin 1903, Marie Curie soutient sa thèse de doctorat d’État intitulée « Recherches sur les substances radioactives » : elle obtient la mention « Très honorable ».

Portrait d’Henri Becquerel
Caricature de Pierre et Marie Curie parue dans Vanity Fair en 1904
Page de couverture du journal « Le Petit Parisien » du 10 janvier 1904 représentant Pierre et Marie Curie dans leur laboratoire de l’EMPCI

L’année 1903 est celle de la consécration. Le 19 juin, le couple fait un premier voyage à Londres pour présenter leur recherche devant la Royal Institution. Pierre y retourne quelques mois plus tard pour recevoir en son nom et au nom de Marie la médaille Davy de la Royal Society (équivalent britannique de l’Académie des sciences) en récompense de leurs découvertes communes.

Déjà connus de la sphère scientifique, Pierre et Marie Curie sortent définitivement de l’anonymat le 12 décembre 1903, lorsqu’ils deviennent les lauréats, avec Henri Becquerel, du prix Nobel de Physique « en reconnaissance de leurs services rendus, par leur recherche commune sur le phénomène des radiations découvertes par le professeur Henri Becquerel ». Leurs travaux scientifiques contribuent en effet à construire une nouvelle conception de l’atome et de la matière.

Diplôme du prix Nobel de Physique attribué à Pierre et Marie Curie en 1903 (Source : Musée Curie ; coll. ACJC)

"Diplôme du prix Nobel de Physique attribué à Pierre et Marie Curie"
1903
Source : Musée Curie ; coll. ACJC / COte MCP86,02

Cette distinction récompense leurs recherches, mais bouleverse la vie du couple de savants. Malgré la notoriété acquise depuis le prix Nobel, leurs conditions de travail ne sont pas satisfaisantes et la séparation chimique du radium reste longue et délicate. Fatigués par leurs travaux, ils doivent attendre 1905 pour pouvoir aller chercher leur prix à Stockholm. Leurs recherches continuent donc, quelque peu dérangées par les sollicitations des journalistes et des curieux.

Pierre Curie faisant son cours, dans l’amphithéâtre de la Faculté des sciences de Paris, 12, rue Cuvier, en 1904
Pierre et Marie Curie dans le laboratoire de l'EMPCI, vers décembre 1903

Quelques avantages accompagnent tout de même le prix Nobel : dès octobre 1904, une chaire de Physique est créée pour Pierre Curie à la Faculté des Sciences de la Sorbonne. Ce poste s’accompagne d’un petit laboratoire situé dans une annexe de l’université au 12, rue Cuvier. Marie y devient « chef de travaux » en novembre 1904, même si le couple ne quittera le « hangar » de l’EMPCI qu’en 1905.

Pierre Curie au milieu de ses élèves dans l’amphithéâtre de la rue Cuvier en 1904 (Source : Musée Curie ; coll. ACJC)

"Pierre Curie au milieu de ses élèves dans l'amphithéâtre de la rue Cuvier en 1904"
1904
Source : Musée Curie ; coll. ACJC / Cote MCP310

Pierre et Marie ont élaboré un protocole expérimental pour extraire du radium de la pechblende.

Par désintéressement et parce qu'ils considèrent que la radioactivité peut être un bienfait pour l'humanité, ils décident de ne pas déposer de brevet, mais au contraire de rendre accessibles leurs recherches au plus grand nombre. Ils s’associent ainsi, dès 1904, à un industriel de Nogent-sur-Marne, Émile Armet de Lisle (1853-1928), pour mettre en place un procédé de traitement chimique du radium. Ce partenariat leur permet en outre de déléguer une partie de leurs travaux.

 

« Le radium ne doit enrichir personne. C'est un élément. Il appartient à tout le monde. »
Marie Curie, citée par Mary Meloney, 1921 in Madame Curie, Eve Curie, Ed. Gallimard, 1938

Irène et Eve Curie dans le jardin, assises dans l’herbe, Saint-Rémy-lès-Chevreuse, juillet 1905 (Source : Musée Curie ; coll. ACJC)
"Irène et Eve Curie dans le jardin, assises dans l'herbe, Saint-Rémy-lès-Chevreuse, juillet 1905"        
Juillet 1905
Source : Musée Curie ; coll. ACJC / Cote MCP111
 

 

 La fin d'année est marquée par la naissance de leur seconde fille, Ève, le 6 décembre.

Marie Curie et ses filles Irène et Eve, dans le jardin à Sceaux, été 1908
Marie Curie dans le laboratoire de la rue Cuvier, 1908

En 1905, Pierre est élu membre de l’Académie des sciences. Entre le laboratoire et la vie familiale, le couple de scientifiques n’a que très peu de temps à consacrer à la vie publique.

Pierre Curie vit alors ses derniers mois. Le 19 avril 1906, il est victime d’un accident mortel de la circulation. En se rendant à pied à une séance de l’Académie des sciences, il est renversé par un attelage de chevaux, rue Dauphine. La tête écrasée par la roue arrière gauche de l’attelage, il meurt sur le coup. Il a 47 ans.

Le cortège funéraire devant la maison des Curie pour l’enterrement de Pierre Curie, 108 bd Kellerman, 1906 (Source : Musée Curie ; coll. ACJC)

"Le cortège funéraire devant la maison des Curie pour l'enterrement de Pierre Curie, 108 bd Kellerman, 1906"         
1906
Source : Musée Curie ; coll. ACJC / Cote MCP414

 

Épreuves et consécration (1906-1919)
Marie Curie dans son laboratoire de la rue Cuvier, 1913
André Debierne, en 1901

Après le décès de Pierre Curie, Marie Curie, très éprouvée, poursuit à 39 ans leurs recherches communes, tout en prenant soin de l’éducation de leurs deux filles.

Elle reprend l’enseignement de physique de son mari le 5 novembre 1906, là où il l’avait interrompu. Sa leçon inaugurale attire une foule de journalistes et de curieux. Elle est nommée professeur titulaire de la chaire auparavant occupée par son défunt mari le 16 novembre 1908, alors renommée chaire de « physique générale et radioactivité ». Elle devient ainsi la première femme professeur, à la Sorbonne et dans toute la France.

Laboratoire de la rue Cuvier, emplacement de M. Laborde après l’explosion du 25 juin 1908 (Source : Musée Curie ; coll. ACJC)

"Laboratoire de la rue Cuvier, emplacement de M. Laborde après l'explosion du 25 juin 1908. Heureusement, personne n'a été blessé ce jour-là."         
juin 1908
Source : Musée Curie ; coll. ACJC / Cote MCP1777

Parallèlement à l’enseignement, et avec l'aide d'André Debierne (1874-1949), elle s'attache à l'élaboration d’un étalon international de radium dans le laboratoire de la rue Cuvier. Ils parviennent à isoler du radium métallique pur en 1910 et elle écrit, la même année, son Traité de radioactivité, ouvrage fondateur de cette nouvelle science.

Le premier Congrès Solvay, en 1911
Marie Curie à Birmingham en 1913
Marie Curie dans son laboratoire de la rue Cuvier, 1913

1911 est une année charnière. Sous l’impulsion de ses proches, Marie Curie pose sa candidature à l’Académie des sciences en janvier. Cette première candidature d’une femme à l’Institut de France divise : les républicains anticléricaux sont favorables à l'élection de la savante, tandis que les conservateurs catholiques soutiennent le physicien et médecin Édouard Branly. Ce dernier l’emporte par deux voix et Marie ne proposera jamais plus sa candidature à l’Institut.

Du 27 au 31 octobre 1911, elle assiste à Bruxelles au premier Conseil international de Physique Solvay, fondé par l'industriel belge de la chimie, Ernest Solvay (1838-1922). Elle est la seule femme présente, au premier Conseil et à la plupart des suivants, auprès d'éminents scientifiques parmi lesquels figurent Ernest Rutherford, Max Planck, Paul Langevin, Niels Bohr, Albert Einstein ou Jean Perrin.

[Retrouvez le Conseil de Physique Solvay sur PSL-Explore : découvrez notre Introduction et nos collections d'archives et correspondances.]

En novembre, la liaison de Marie Curie avec le physicien Paul Langevin fait l’objet d’une campagne de calomnie de la part de la presse d’extrême droite.

Le soutien de la communauté scientifique internationale lui permet cependant de surmonter l’épreuve : le 10 décembre 1911, et malgré la polémique sur sa vie privée, elle obtient le prix Nobel de chimie attribué par l’Académie des sciences de Stockholm « en reconnaissance de ses services dans le progrès de la chimie par la découverte des éléments radium et polonium, par l’isolation du radium et l’étude de la nature et des composés de cet élément remarquable. »

« Le travail chimique qui avait pour but d'isoler le radium à l'état de sel pur et de le caractériser comme un élément nouveau a été effectué spécialement par moi, mais se trouve intimement lié à l'œuvre commune. »
Marie Curie, conférence Nobel, 11 décembre 1911

Diplôme du prix Nobel de Chimie décerné à Marie Curie en 1911 (Source : Musée Curie ; coll. ACJC)

"Diplôme du prix Nobel de chimie décerné à Marie Curie en 1911"         

1911
Source : Musée Curie ; coll. ACJC / Cote MCP141,01

 

Cette consécration s’accompagne malheureusement de graves problèmes de santé : on découvre à Marie Curie une maladie rénale. Elle doit subir une première opération chirurgicale qui exige de longs mois de repos et ne peut retourner à son laboratoire qu’en septembre 1912.

Ses travaux aboutissent en janvier 1913. Marie dépose dans un coffre-fort du Bureau international des poids et mesures de Sèvres une éprouvette scellée, contenant un gramme de chlorure de radium qu'elle est parvenue à purifier : c'est le premier étalon du radium, aujourd'hui appelé « étalon Marie Curie ».

Marie Curie dans une voiture radiologique, octobre 1917
Marie Curie dispense le cours aux infirmières en radiologie à l’Hôpital Edith Cavell, dans le laboratoire qui lui a été attribué, 1916
Marie Curie, Irène et leurs élèves du corps expéditionnaire américain à l’Institut du Radium, 1919

En août 1914, la Première Guerre mondiale éclate. Du fait de la mobilisation générale, le laboratoire de Marie Curie est dépeuplé. Plutôt que de partir rejoindre ses filles dans sa maison en Bretagne, Marie Curie choisit de mettre ses connaissances au service des blessés en participant à l’organisation du service radiologique des armées.

Elle coordonne la formation d’infirmières spécialisées et l’installation de postes de radiologies fixes et mobiles ; elle équipe notamment une vingtaine de véhicules, surnommés a posteriori les « petites Curie » et destinés à se rendre sur les différents fronts. Elle participe ainsi au développement de la radiologie dans les hôpitaux militaires, qui permet de localiser les balles de Shrapnel dans le corps des soldats et de soigner un million de blessés à proximité immédiate du front.

Marie et Irène Curie avec un groupe d’infirmières dans le jardin de l’Hôpital d’Hoogstade en Belgique, 1915 (Source : Musée Curie ; coll. ACJC)

"Marie et Irène Curie avec un groupe d'infirmières dans le jardin de l'hôpital d'Hoogstade en Belgique, 1915"         
1915
Source : Musée Curie ; coll. ACJC / Cote MCP398

Elle est aidée dans sa tâche par sa fille Irène qui, à 17 ans, devient infirmière de la Croix-Rouge. Elles sillonnent le front pour former des infirmières radiologistes à l’emploi des tubes à rayons X, et convaincre les chirurgiens de l’utilité de cette méthode. Marie et Irène prennent aussi en charge l’enseignement pratique de radiologie de l’hôpital Edith-Cavell en donnant des cours dans le nouveau laboratoire de Marie à l’Institut du Radium.

Marie Curie racontera son expérience de la guerre dans son ouvrage La radiologie et la guerre, publié en 1921.

Une figure internationale (1919-1934)
Institut du Radium, pavillon Curie, dans les années 1920
Marie Curie dans son laboratoire de chimie à l’Institut du Radium de Paris, 1921
Marie Curie et sa fille Irène à l’Institut du Radium, 1922

En 1909, l’Institut Pasteur et l’Université de Paris signent un partenariat pour la construction d’un laboratoire de recherche moderne pour Marie Curie : ce sera l’Institut du Radium, créé grâce un legs de Daniel Iffla dit « Osiris » (1825-1907), grand mécène du XIXe siècle.

Il ouvre en 1914 au 11, rue Pierre Curie (devenue depuis rue Pierre et Marie Curie). Marie sera directrice du laboratoire de physique et de chimie situé dans le pavillon Curie jusqu’à sa mort en 1934.

Carte de visite de Marie Curie à l’adresse de son laboratoire de l’Institut du Radium (Source : Musée Curie ; coll. ACJC)

"Carte de visite de Marie Curie à l'adresse de son laboratoire de l'Institut du Radium"         
à partir de 1914
Source : Musée Curie ; coll. ACJC

Ce laboratoire devient un modèle dans l’étude des corps radioactifs et permet le développement de l’utilisation des radiations dans la lutte contre le cancer. Il s’agit alors d’un des principaux centres de recherche sur la radioactivité dans le monde.

Marie Curie et le Dr Claudius Regaud, directeur du pavillon Pasteur de l’Institut du Radium, parviennent à obtenir en 1920 la création de la Fondation Curie qui devient rapidement une référence internationale en matière de traitement des cancers par les rayonnements. Reconnue d’utilité publique en 1921, elle récolte des dons, afin d’agrandir les laboratoires de l’Institut du Radium. Sa mission est aussi de favoriser l’établissement de deux dispensaires en vue du développement d'applications thérapeutiques pour le traitement des cancers. La Fondation Curie et l’Institut du Radium fusionneront cinquante ans plus tard, en 1970, pour devenir, en 1978, l’Institut Curie.

Dès la sortie de la guerre, Irène Curie devient la préparatrice particulière de sa mère au laboratoire. Elle sera remplacée à ce poste par Frédéric Joliot en 1924, alors qu'elle prépare son doctorat, soit deux ans avant le mariage des deux jeunes gens.

[Pour en savoir plus sur le Laboratoire Curie, découvrez notre collection en ligne de cahiers de bord et rapports d'activités.]

Marie Curie avec Mary Meloney, 1921
Marie Curie et le président des États-Unis Warren G. Harding, descendant l’escalier de la Maison Blanche, 20 mai 1921
Marie Curie en discussion avec des industriels de la Standard Chemical Company à Pittsburgh, 1921

Marie Curie continue d'enseigner, pour la Sorbonne à l’Institut du Radium, mais également dans d'autres contextes, par exemple aux Arts et Métiers.

En tant que « patronne » du laboratoire, elle est largement sollicitée pour des mondanités, exercice qu’elle n’apprécie pas particulièrement. Pourtant, la recherche de financement devient nécessaire : le radium qu’elle utilise pour ses travaux est très rare et très onéreux.

En 1921, une collecte est organisée aux États-Unis auprès d'associations de femmes, par une journaliste américaine Mary Meloney (1878-1843), admiratrice de la savante. Le but de l’opération est d’offrir à Marie Curie un gramme de radium, qui vaut à l’époque 100 000 dollars (environ 1 200 000 € actuels). Celle-ci se rend, accompagnée de ses filles, aux États-Unis, où elle est accueillie triomphalement en mai-juin 1921. Elle va, durant six semaines, faire une véritable tournée dans l’Est des États-Unis. Le président américain Warren G. Harding en personne lui remet une clef honorifique durant une cérémonie officielle à la Maison Blanche le 20 mai. Celle-ci ouvre un coffret contenant un gramme de radium.

La savante donne de nombreuses conférences dans les universités et collèges féminins où elle reçoit des diplômes honorifiques. Elle rend aussi visite à de grands industriels, par exemple dans les usines de radium à Pittsburgh, en Pennsylvanie, où a été préparé le gramme de radium qui lui a été offert. Bien que très fatiguée par le voyage, elle noue ainsi de fructueux contacts avec des collègues scientifiques et des ingénieurs.

Marie Curie avec Dean Pegram de l’Ecole des Sciences Appliquées à la Colombia University, 1921 (Source : Musée Curie ; coll. ACJC)

"Marie Curie avec Dean Pegram de l'École des Sciences Appliquées à la Colombia University, 1921"         
1921
Source : Musée Curie ; coll. ACJC / Cote MCP203

Elle retournera d’ailleurs aux États-Unis en 1929 pour récupérer un second gramme de radium qu’elle offrira à l’Institut du Radium de Varsovie en Pologne.

Visite du Président Doumergue à l’Institut du Radium le 4 juin 1924
Marie et Irène Curie à Rio de Janeiro, Brésil, juillet-août 1926
Marie Curie, Mrs Meloney et Mrs Mead, pris après un dîner durant le second voyage de Marie aux États-Unis, 1929

Désormais une personnalité scientifique incontournable, Marie Curie est amenée à participer à de nombreux congrès scientifiques et médicaux dans le monde entier. Ses découvertes, ses prix Nobel, et son engagement dans la recherche et la lutte contre le cancer lui valent la reconnaissance de ses pairs.

Marie Curie plantant un arbre à l’Institut du Radium de Varsovie, le 29 mai 1932 (Source : Musée Curie ; coll. ACJC)

"Marie Curie plantant un arbre à l'Institut du Radium de Varsovie, le 29 mai 1932"         
29 mai 1932
Source : Musée Curie ; coll. ACJC / Cote MCP228

Sous sa direction, les recherches sur les radiations et leurs applications biologiques et médicales se développent à l’Institut du Radium. En 1922, Marie Curie est ainsi élue membre libre de l’Académie de médecine.

« Les membres soussignés pensent que l'Académie s'honorerait en élisant comme membre associé libre Madame Curie, en reconnaissance de la part qu'elle a prise à la découverte d'une nouvelle médication : la curiethérapie. »
Académie de médecine, 7 février 1922

Sa reconnaissance prend une ampleur internationale. Marie Curie visite de nombreux pays pour défendre les activités scientifiques de son laboratoire et, au-delà, la recherche en général.

Elle devient ainsi vice-présidente de la Commission internationale de coopération intellectuelle de la Société des Nations à Genève. Elle s’y engage aux côtés d’Albert Einstein (1879-1955), qu’elle connaît depuis le premier Conseil de Physique Solvay, et du philosophe Henri Bergson (1859-1941). L’objectif de cette commission est de renforcer et consolider les actions en faveur de la culture, la science et la paix.

Jusqu’à son décès à l’été 1934, Marie Curie est amenée à parcourir le monde afin de rencontrer ses homologues scientifiques, mais également recevoir des prix et des honneurs (Prague en juin 1925, Rio de Janeiro en juillet-août 1926, Madrid en 1933, etc.). La reconnaissance, bien que tardive, récompense une vie dédiée au travail et à la science.

"Vidéo de l'unique enregistrement sonore de la voix de Marie Curie"         
En 1931, à Paris, Marie Curie reçoit la médaille d'or de l'American College of Radiology (ACR). L'ACR a fait don au Musée Curie de la pellicule du film que vous pouvez visionner ici dans une version numérisée.
Source : Musée Curie ; avec l'aimable autorisation de l'ACR.

 

Irène et Frédéric Joliot-Curie découvrent, au sein de l’Institut du Radium, le phénomène de radioactivité dite artificielle en janvier 1934. Marie a la satisfaction de voir sa fille et son gendre faire une découverte majeure dans son laboratoire. Elle n'est malheureusement pas témoin de l’attribution du prix Nobel de chimie aux Joliot-Curie en décembre 1935 : elle décède d’une leucémie le 4 juillet 1934 à Sancellemoz en Haute-Savoie. On peut vraisemblablement attribuer la maladie à ses travaux sur la radioactivité et à son utilisation des rayons X durant la Première Guerre mondiale.

Marie Curie incarne une figure de pionnière. Elle a posé, par ses recherches incessantes, les bases d’une nouvelle branche de la physique, et, première femme à obtenir une telle reconnaissance scientifique, elle s'avère être une source d'inspiration de nombreux(ses) scientifiques dans le monde entier.

La reconnaissance du grand public, qui ne fait qu’augmenter au fil du temps, atteint son apogée le 20 avril 1995 : sa dépouille entre au Panthéon avec celle de Pierre Curie. La France rend ainsi hommage à la jeune immigrée polonaise, devenue une des grandes figures scientifiques du XXe siècle.

 

"Témoignages de Mario Da Silva et Alexandre Sanielevici sur leur rencontre avec Marie Curie"         
Dans ce document sonore, Mario Da Silva et Alexandre Sanielevici, deux collaborateurs physiciens de l'Institut du Radium, nous font part de leur rencontre avec Marie Curie lorsqu'elle les a accueillis pour la première fois dans son bureau. Ces témoignages ont été recueillis grâce à l'UNESCO en 1967 lors du centenaire de la naissance de Marie Curie.
Source : Musée Curie ; Voix off : Audrey Defretin

Marie Curie sur la terrasse du pavillon Curie à l’Institut du Radium, devant son laboratoire personnel de chimie en 1923 (Source : Musée Curie ; coll. ACJC)

"Marie Curie sur la terrasse du pavillon Curie à l'Institut du Radium, devant son laboratoire personnel de chimie en 1923"         
1923
Source : Musée Curie ; coll. ACJC / Cote MCP249

À propos

Cette exposition virtuelle a été conçue comme le prolongement naturel de l'exposition itinérante "Marie Curie 1867-1934". Créée en 2011 par le Musée Curie pour l'année internationale de la Chimie, elle commémorait le centenaire du prix Nobel de Chimie de Marie Curie.

Traduite en plusieurs langues, l'exposition n'a, depuis, cessé de circuler à travers le monde. Il est toujours possible de la louer : pour tous renseignements, cliquez ici.

 

Crédits

Exposition réalisée par le Musée Curie, avec le soutien du Ministère des Affaires Etrangères et Européennes, de l'Association Curie et Joliot-Curie, de l'Institut français, de l'Institut Curie et du CNRS.

L'ensemble des images proviennent des Archives du Musée Curie.

 

Réalisation de l'exposition virtuelle

Xavier Reverdy-Théveniaud

Avec l'aide de

Annael Le Poullennec et l'équipe du Pôle Ressources et Savoirs, PSL

Le Musée Curie

Pour en apprendre plus sur la famille Curie, n'hésitez pas à venir visiter le Musée Curie !

Situé au 1, rue Pierre et Marie Curie dans le 5ème arrondissement de Paris, dans les locaux de l'ancien Institut du Radium, le Musée Curie propose au public de découvrir l'histoire de la famille aux 5 prix Nobel, de la découverte de la radioactivité et de ses premières applications médicales. Le bureau et le laboratoire de chimie de Marie Curie, préservés depuis son époque, forment le cœur historique du musée. Il s'agit d'un lieu de mémoire et de connaissances sur l'histoire des sciences.

Horaires d'ouvertures : du mercredi au samedi de 13h à 17h. Fermé pour les vacances de Noël et au mois d'août.

Visite guidée le matin, du mercredi au vendredi pour les groupes de plus de 10 personnes, sur rendez-vous.

Informations : http://musee.curie.fr

Les Archives du Musée Curie :

Les archives du Musée Curie sont le miroir de l'histoire de l'Institut du Radium, de la Fondation Curie mais également de leurs dirigeants successifs, dont Marie Curie, Claudius Regaud, Irène et Frédéric Joliot-Curie. Elles retracent l'histoire de l'Institut Curie, mais également celle des progrès scientifiques et médicaux, et celle des hommes et des femmes qui les ont accomplis. Elles gardent aussi la mémoire de la famille Curie. Elles sont accessibles sur rendez-vous.

Informations : http://musee.curie.fr/decouvrir/archives-et-collections/archives

Bibliographie

Vous trouverez ci-dessous une courte bibliographie accessible à tous, afin d'approfondir vos connaissances sur la vie et l'œuvre scientifique de Marie Curie.

 

Madame Curie Eve Curie"Madame Curie" par Ève Curie, éditions Gallimard, collection Folio, 1938

"Elle est femme, elle appartient à une nation opprimée, elle est pauvre, elle est belle. Une vocation lui fait quitter sa patrie, la Pologne, pour étudier à Paris où elle vit des années de solitude, de difficulté. Elle rencontre un homme qui a du génie comme elle. Elle l'épouse. Leur bonheur est d'une qualité unique. Par l'effort le plus acharné et le plus aride, Marie et Pierre Curie découvrent un corps magique, le radium. Leur découverte ne donne pas seulement naissance à une nouvelle science et à une nouvelle philosophie : elle apporte aux hommes le moyen de soigner une maladie affreuse. Au moment même où la gloire arrive, son merveilleux compagnon lui est ravi par la mort. Malgré la détresse du cœur et des maux physiques, elle continue seule la tâche entrepise, et développe avec éclat la science créée par le couple."

Ève Curie

 

 

 

 

 

 

Marie Curie et la Grande Guerre Massiot Pigeard"Marie Curie et la Grande Guerre" par Anaïs Massiot et Natalie Pigeard-Micault, éditions Glyphe, 2014

Notes de l'éditeur :

"Eté 1914, Marie Curie aménage son laboratoire dans le tout nouvel Institut du Radium. Mais l'histoire est en marche et la Première Guerre mondiale éclate. Ses collaborateurs au front, Marie Curie ne s'enferme pas dans son laboratoire. Au contraire, elle en sort et fait tout ce qui est en son pouvoir pour se rendre utile. Elle met au service de la France ses connaissances scientifiques, au travers de la radiologie et la radiumthérapie. Elle va plus loin et mobilise les ressources humaines, matérielles et financières au profit des blessés. Elle s'inquiète de ses proches, fait circuler les nouvelles. Richement illustré, ce petit ouvrage se propose de raconter sous toutes ses facettes ce que fut la vie de Marie Curie durant la Grande Guerre. Après ces quatre longues années de conflit, Marie Curie, comme tant d'autres, ne sera plus la même."

 

 

 

 

 

Leçons de Marie Curie"Leçons de Marie Curie" par Isabelle Chavannes, éditions EDP Sciences, 2003

Notes de l'éditeur :

"Voici un document exceptionnel, retrouvé par miracle dans une cave : il livre les comptes-rendus de cours élémentaires de physique, que Marie Curie donna en 1907 à sa fille Irène et aux enfants de ses collègues dans le cadre d'une "coopérative d'enseignement". Ils sont écrits de la main de l'une de ses élèves, Isabelle Chavannes, et sont ici retranscrits dans leur intégralité. Marie Curie a imaginé elle-même ces leçons, destinées aux enfants d'une dizaine d'années. Claires, inventives amusantes, elles reposent sur le questionnement et l'expérimentation. Aussi fraîches et pertinentes qu'il y a un siècle, ces leçons raviront les parents, enseignants et curieux de tous les âges."

 

 

 

 

 

Lettres de Marie Curie à ses filles"Lettres de Marie Curie et ses filles", rassemblées par Monique Bordry et Hélène Langevin, éditions Pygmalion, 2011

Lors du décès accidentel de Pierre Curie en 1906, la fille aînée de Marie Curie, Irène, n'a que neuf ans et la cadette, Ève, deux ans. Les lettres échangées entre mère et filles rassemblées dans ce livre nous plongent dans leur intimité familiale et rapportent petits et grands événements de leur vie, jusqu'au décès de Marie Curie, en 1934. Elles témoignent des liens harmonieux qui ne cessèrent de se développer entre elles, au fil des ans. On découvre trois brillantes personnalités, liées par une affection intense et indéfectible. Édition réalisée par Hélène Langevin-Joliot, fille d'Irène Joliot-Curie, petite-fille de Marie Curie, et Monique Bordry qui a été directrice du Musée Curie.

 

 

 

 

 

 

 

Marie Curie la fée du radium Huynh"Marie Curie, La fée du radium", par Chantal Montellier et Renaud Huynh, éditions Dupuis Pygmalion, 2011

Née en 1867, Marie Curie est la seule femme à avoir reçu deux prix Nobel : le prix Nobel de physique en 1903, qu'elle partage avec Pierre Curie son mari, puis le prix Nobel de chimie pour ses travaux sur le polonium et le radium en 1911. Elle fut par ailleurs la première femme à enseigner à la Sorbonne en 1906. La partie dessinée de l'album, réalisée par Chantal Montellier, se situe au moment où Marie Curie reçoit son second prix Nobel, alors qu'une violente campagne de presse se déchaîne contre elle. Sa liaison avec le physicien Paul Langevin, rendue publique, lui fut amèrement reprochée. De souvenirs en flash-back, nous sont contés les moments-clés de son existence et de sa carrière, déjà exceptionnelles en soi, et davantage encore si l'on se rappelle du peu de place accordée aux femmes dans le domaine de la recherche à l'époque.

 

 

 

 

 

Marie Curie une femme de science"Marie Curie, une femme de science" par Françoise Grard et Emmanuel Cerisier, éditions Gulf Stream, 2011

Notes de l'éditeur :

"Polonaise de cœur et Française d'adoption, dotée d'une intelligence et d'une force de caractère peu communes, Marya Sklodowska était un être d'exception. Première femme à occuper une chaire scientifique à la Sorbonne, deux fois prix Nobel (de physique en 1903 et de chimie en 1911), Marie Curie fut également une des premières femmes à vivre la science comme un métier, qu'elle mit un point d'honneur à accomplir avec honnêteté. Épaulée par son époux Pierre Curie, sa découverte du radium révéla au monde entier l'existence de la radioactivité. Marie Curie est aujourd'hui encore un exemple pour tous les chercheurs."

 

 

 

 

Marie Curie Laura Berg"Marie Curie" par Laura Berg et Stéphane Soularue, éditions Naïve, 2015

Notes de l'éditeur :

"Une nouvelle femme fait son entrée dans la collection de bandes dessinées "Grands Destins de Femmes". Laura Berg et Stéphane Soularue retracent le parcours de Marie Curie, une femme de science et de coeur. Deux fois prix Nobel, première femme à enseigner à la Sorbonne, elle marie, pour les générations actuelles et futures, le talent, l'intelligence et la volonté permanente d'émancipation".

 

 

 

 

 

Marie Curie Quelle Histoire"Marie Curie" par Patricia Crété, Bruno Wennagel et Mathieur Ferret, éditions Quelle Histoire, 2015

Notes de l'éditeur :

"La vie de Marie Curie racontée aux enfants. De son enfance à Varsovie à l'obtention du prix Nobel de physique en 1903 avec son époux, Pierre Curie, en passant par ses recherches sur le radium, le destin de la plus célèbre femme scientifique est fascinant. Quelle Histoire propose une initiation accessible à l'histoire de cette grande chercheuse." Pour les 6/10 ans.