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Numérisation

PSL met le cap sur les initiatives en humanités numériques

02 septembre 2015 •
Paris Sciences et Lettres
À l’heure où la présence des universités d’envergure internationale s’intensifie sur la toile, la valorisation de la recherche et du patrimoine est devenue un enjeu d’innovation à la croisée de technologies toujours plus fécondes. Pour soutenir les initiatives dans ce domaine, PSL lance des Appels à projets. Petit tour d’horizon des premiers lauréats. 

 

C’est un jury scientifique qui, sous la présidence du Professeur Paolo D’Iorio (ENS/CNRS), s’est réuni le 7 juillet 2015 pour départager les candidats à la première vague de l’Appel à projets « Soutien aux projets de numérisation – Arts et humanités numériques ». Car si l’enveloppe était conséquente avec 250 000 euros au total et une limite de 50 000 euros par projets, le total des demandes excédait le volume budgétaire –preuve, s’il en est besoin, que les humanités numériques représentent un secteur de grand dynamisme. Les quatre projets suivants ont été distingués pour leurs aspects techniques, scientifiques et structurants pour la communauté PSL.

Responsable de l’équipe Écritures du XVIII e à l’Institut des textes et manuscrits modernes de l’ENS, Nathalie Ferrand travaille depuis plusieurs années sur le projet d’une édition génétique des manuscrits de travail de La Nouvelle Héloïse de J.-J. Rousseau. Déjà remarqué à l’Appel à manifestation d’intérêt lancé par PSL en 2015, ce projet audacieux et innovant, en collaboration avec Claire Bustarret (EHESS), se propose de réunir, en licence ouverte, les documents qui témoignent des différentes étapes de la rédaction du célèbre roman épistolaire de Rousseau, du brouillon à la copie de l’imprimeur. Cette initiative est d’autant plus hardie que les manuscrits se trouvent dispersés dans sept bibliothèques d’Europe et des États-Unis. Le projet prévoit la publication d’une édition en fac‑similé et la création d’un environnement électronique pour la réalisation de transcriptions génétiques de manuscrits modernes dont le Manuscrit pour l’imprimeur sera le coup d’envoi.

C’est un projet croisé que l’école des Arts-Déco et l’ESPCI ont présenté, mettant en avant les liens entre la recherche scientifique et ses applications dans la sphère du design. Il s’agit à travers la numérisation de deux corpus d’archives de témoigner d’une chaîne d’innovations ayant fait de la deuxième moitié du XX e siècle une ère d’innovations rendant possible la démocratisation du confort et du beau. D’un côté, Georges Champetier, ancien directeur de l’ESPCI et premier à avoir introduit la chimie macromoléculaire en France, a mis en avant les possibilités des polymères synthétiques, plastiques, résines, vernis, élastomères ou textiles artificiels comme le nylon. De l’autre, René Gabriel, décorateur féru de nouveaux matériaux, s’est vu confier la tâche de créer des meubles pour les sinistrés de guerre. Il a ainsi conçu les premiers meubles de fabrication industrialisée qui sont aujourd’hui réédités et dont les originaux atteignent sur le marché des cotes très importantes. Croiser les documents de travail de ces deux chercheurs, moteurs de leur époque, permettant de porter à la connaissance de la communauté scientifique des matériaux de recherche non encore exploités, à travers un angle original et transdisciplinaire. Une fois la numérisation aboutie, une publication web sur PSL-Explore, rendra compte de cette vision d’une époque.

C’est l’exceptionnelle collection photographique de l’archéologue Alix Barbet (spécialiste de la peinture antique, chevalier des Palmes académiques, expert pour l’Unesco à Pompéi) que le laboratoire d’Archéologie et de Philologie d’orient et occident (Aoroc) va numériser. À travers une base de données, la communauté scientifique comme le public curieux, pourra découvrir plus de 16 000 clichés renseignés, pris sur des chantiers de fouilles ou lors de voyages d’études. Représentant aussi bien des peintures hellénistiques, que romaine ou préislamiques, c’est toute la carrière d’Alix Barbet dans plus de 82 pays ayant été influencés par l’héritage gréco-romain qui est ici concernée. Une masse documentaire inédite sur le sujet, et représentant des vestiges de certains sites aujourd’hui dégradés, inaccessibles ou disparus, parmi lesquels le tragique exemple de Palmyre.

Connaissance des temps,  un des plus anciens périodiques du monde, est publié depuis 1679 sans interruption. Cet organe contient les éphémérides (position des astres à intervalle régulier) de chaque année, les avancées scientifiques les plus notables de l’époque, ainsi que des échanges entre astronomes, officiers de marine, horlogers, navigateurs, mathématiciens, cartographes ou géodésiens. L’Observatoire de Paris en conserve la collection complète, déjà numérisée à l’occasion d’un partenariat avec la BnF. C’est maintenant d’un outil de gestion des bibliothèques dont l’Observatoire a besoin pour poursuivre son entreprise et permettre une consultation en ligne, ouvrant ainsi à la communauté scientifique ainsi qu’au grand public, un corpus passionnant et unique.

Il nous reste à souhaiter aux lauréats une bonne réalisation de leurs si riches projets, et à rappeler que la date de clôture du dépôt des dossiers pour la seconde vague de l’Appel à projet « Soutien aux projets de numérisation – Arts et humanités numériques » est arrêtée au 30 septembre 2015. Initiatives hardies attendues !

 

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